Coupe du Monde 2015 – Portugal: conclusion

5 manches, une 12ème place, une qualification dupliquée pour la prochaine super finale, la confirmation de la certitude que je sais faire du vélo avec un parapente en compétition, un résultat qui m’ouvre une nouvelle fois les portes du circuit de coupe du monde pour l’année prochaine si le cœur m’en dit, aucun accident de parcours, aucune prise de tête, une bonne semaine de vacances, voila le bilan de cette semaine au Portugal. Plutôt de bons résultats pour ce qui sera ma seule coupe du monde de l’année. A croire que je commence à voler comme un Suisse, et dans mon esprit c’est un compliment. J’approche des 1000 vols et des 1800 heures, peut-être est-ce le seuil qui permet à certains de revenir sporadiquement et d’être compétitifs.


Après un début laborieux, que je jugeais même médiocre quoique ponctué de deux manches à 900, j’avais commencé à écrire quelques lignes dans la perspective d’une conclusion un peu blasée, m’apprêtant à faire figure de bon perdant. Pour ne pas terminer mauvais perdant il convient de ne pas présenter un mélange d’excès d’ambition, de rêve, d’estime de soi ou d’envie. Pour le coup, rien de tout ça ne me déborde en ce moment. Alors j’étais juste un peu déçu de ne pas corriger ce que j’avais senti à Millau, bien insatisfait de ma médiocrité et enclin à réfléchir sur ma pratique. Finalement une montée en puissance progressive m’a aidé à relever la tête.

La qualité principale à démontrer sur l’ensemble de cette compétition a été la capacité technique à voler à fond dans une aérologie mouvementée. Dans la seconde partie de la compétition un peu d’analyse tactique s’est ajoutée. Je sais à peu près faire pour ce qui est du premier volet, sans être et de loin le meilleur, d’autant plus que je prends très peu de plaisir dans cet exercice. Pour ce qui est du second volet, bien qu’aucune réelle option n’ait été possible, ce jeu d’observation et de réflexion m’anime un peu plus. Dans les deux cas il s’agit de confrontation pour donner le meilleur de soi-même en comparaison avec ses camarades. Voila ce qui à mon sens caractérise cette compétition, ceux qui ont performé, et ma propre performance.

Le tout s’est déroulé dans une ambiance bon enfant. Comme fréquemment en Coupe du monde, l’absence de contrôle de matériel (petite correction: il semblerait qu’il y en ait eu, je ne les ai pas vus) et de poids ont évité les problèmes. Les quelques temps morts de la semaine ont comme à leur habitude permis de développer des débats sans fin sur les règlements, comme par exemple: une compensation d’altitude pour les manches stoppées est accordée sur la base d’une finesse 4. Est-il normal d’accorder cette compensation aux pilotes déjà posés à l’heure d’arrêt de la manche? Ou encore: l’altitude de référence pour le sol étant l’altitude du but, faut-il donner une compensation négative à un pilote qui serait à une altitude inférieure à celle du but? Et une dernière facile pour la fin: faut-il autoriser un pilote ayant posé au déco sous son secours pendant la fenêtre de décollage à redécoller pour faire la manche?

J’essaie d’avoir une contribution positive pour faire avancer notre sport mais à vrai dire j’ai plutôt tendance maintenant à éviter de participer à ces débats lassants dans la mesure où bien peu d’évidences ou de nécessités se concrétisent. Parfois le règlement a même été trop complexifié et aucune bonne solution ne peut émerger sans reconsidérer l’ensemble du problème. (seconde édition « positive »: la PWCA utilise des trackers qui permettent dorénavant un suivi temps réel, un pointage sécurité efficace, un pointage sportif rapide et une possibilité d’envoyer « anonymement » en l’air des niveaux de sécurité avec altitude et position du moment)

Prochaine étape: a priori le championnat de France fin août dans les Vosges. Ça me ferait bien plaisir de faire champion de France. Champion du monde aussi, d’ailleurs, mais cela n’est pas possible. Ouh là, mais je me remettrais à rêver moi? La leçon de la pre-PWC de Millau et de cette compétition, après une coupure de 9 mois, c’est qu’il me faudrait beaucoup plus d’heures de vol à l’année pour continuer à progresser mais surtout pour ne pas avoir de période d’acclimatation en début de compétition, pour être à la bonne température tout de suite et sur toute la longueur des manches. Pour viser haut il ne suffit pas de savoir faire du vélo, il faut faire et pouvoir faire beaucoup de kilomètres l’hiver. En attendant, peut-être un peu de marche et vole et de biplace cet été. A suivre!

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