Ethnologie française

Drôle comme titre, non? Je ne suis pas parvenu a trouver en ligne un article que je cherchais, « Quand la pratique sportive croise le droit », un entretien entre François Mandin et Gilles Raveneau, alors j’ai acheté la revue dans laquelle il est paru: le numéro 2006/4 d’Ethnologie française. J’ai ainsi découvert cette parution et elle est tout simplement passionnante. Et tout ce numéro est consacré au thème « Sports à Risques? Corps du Risque », ce qui n’est pas pour me déplaire.

Ethnologie française

Dialogue

Résumé: « Cet article se présente comme un dialogue entre un juriste et un ethnologue, débattant du traitement du risque sportif. Comment le droit aborde-t-il cette question au regard de l’évolution de la pratique sportive et des normes juridiques qui visent à déterminer les responsabilités et la prise en charge du dommage? En retenant plutôt le respect des « règles du jeu » de chaque discipline sportive, le droit semble ne pas faire de l’acceptation du risque un critère juridique valable. Cela tient en partie au fait que la charge du risque se voit progressivement déplacée de l’individu vers le groupe – telle l’association sportive. Mais alors qu’en est-il de l’exercice du libre arbitre des individus et de la responsabilité qui en résulte? ».

Voila, le décor est planté. Les mots-clés sont cités: dommages, règles du jeu, libre arbitre et responsabilité de l’individu ou du groupe. L’article est très riche et difficile à résumer. Je vais essayer de contacter les auteurs pour une autorisation de publication, voire une actualisation. Sinon je tenterai d’extraire les points essentiels.

Analogies

Dans les réflexions sur notre sport je n’aime pas trop les analogies avec les autres sports, du type aller chercher des solutions toutes faites dans la F1 ou la voile. Pourtant cette revue est basée sur une étude de différents sports considérés comme « à risques » ou « extrêmes ». Quel est donc l’originalité de cette étude? Et bien tout est dans le titre: l’ethnologie, une approche par l’observation des paroles, des actes et des relations au sein d’un groupe d’individus. La recherche des modes et règles de fonctionnement des individus et du groupe, la compréhension de leurs racines par leur culture et leurs valeurs. Voila ce qui me plait.

Kayak

Alors il est question dans ce numéro de plongée, de chute libre, de base, d’alpinisme, de voile… et aussi de kayak en haute rivière. Je ne prendrai que cet exemple pour expliquer l’approche. La kayak en haute rivière se pratique en groupe. Le groupe se constitue par ajouts successifs, il est volontairement d’une taille réduite et d’un niveau homogène. Chaque membre a connaissance des expériences des autres en heures et lieux de pratique, en niveau technique également, ceci afin d’assurer la cohésion et la confiance interne au groupe.

La préparation et l’organisation sont collectives. Le tracé du parcours est étudié et défini par le groupe. L’évaluation collective des risques est permanente, récurrente, d’autant plus que l’assurance est mutuelle sur le parcours. Ceci dit, lorsque le groupe a décidé d’un franchissement, chacun bascule vers un affrontement autonome de l’action et du risque. Il est étonnant et paradoxal que dans cette transition l’encouragement collectif mène à une prise de risque individuel accru, chacun souhaitant éviter de rester sur la rive si tous ses camarades se lancent sur l’eau. Dans cette phase, les initiatives personnelles sont bannies au prix d’une forte auto-régulation ceci afin que le groupe reste dans la maîtrise des risques qu’il s’est dessinée.

Alors voilà, c’est cette approche qui m’a intéressé. Les comportements, la culture, les valeurs. Tout reste à faire dans ce domaine pour notre cher parapente et sa gestion des risques, il me semble.

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