Coupe du Monde Brésil 2009: conclusion

Beaucoup de choses à dire pour la conclusion de cette première compétition de l’année 2009! D’abord, le plus important: j’ai retrouvé le goût, l’envie, le plaisir de voler et de continuer à rêver. Ensuite la technique est encore là malgré la coupure hivernale. Le physique n’a pas été trop sollicité dans la semaine, sinon par la température et les problèmes d’hydratation. J’ai collecté quelques enseignements en observant mon rythme cardiaque (voir ci-dessous 8 heures d’enregistrement du dernier jour, du petit-déjeuner au retour au PC course). Et enfin le résultat espéré est bien là, j’ai décroché la timbale en me qualifiant dès la première Coupe du Monde pour la finale de septembre en Italie! Ca fait plaisir, c’est cool, et ça permet de voir venir la suite sereinement.

Position dominante, risques calculés

Sur la manière, la semaine a été intense. D’abord par la frustration qu’ont générée les 3 premières manches. Puis par la pression d’une obligation de résultat sur les 2 dernières manches. En particulier, ma décision de jouer la gagne sur la 4ème manche aurait pu mettre en péril mon objectif global qui était la qualification pour la finale. Objectivement, j’ai fait une longue analyse et bien pesé le pour et le contre avant d’attaquer ce glide presque final. Jean-Jean est venu m’en parler le lendemain matin pour partager son point de vue avec moi. Son avis est juste: j’étais en position dominante au-dessus du groupe de tête et ma priorité aurait dû être de conserver cette position jusqu’au moment où le bouclage est certain, et d’alors coiffer tout le monde sur la ligne. C’est vrai. J’y ai un peu pensé pendant la fin de la 5ème manche, peut-être est-ce grâce à ses remarques que j’ai bien géré la fin de la fin de la compétition.

Cependant, mon choix, s’il me coûte le podium de la compétition (c’est énorme d’écrire ça!), n’a pas remis en cause mon objectif global. Donc je persiste à croire que j’ai bien géré cette affaire. J’ai joué mais j’avais des informations concordantes à ma disposition pour m’engager en fin de manche dans cette tactique. Pour la 2ème fois de ma jeune carrière je suis à 1 thermique de gagner une manche de Coupe du Monde. La première fois j’ai été victime d’un gros biais attentionnel, cette fois-ci c’était la course et le jeu. Le débriefing continue, l’affaire n’est pas définitivement classée!

Pourquoi faire simple…

A la demande générale et sur sollicitation particulière de Charles, il est incontournable de revenir sur les modifications du règlement 2009 de la Coupe du Monde. Je ne vais pas me lancer dans une tentative sans espoir d’essayer d’expliquer ces nouvelles règles. Il faut certainement les avoir vécues, et dans des conditions de vol difficiles, pour en mesurer toute la portée. En propos liminaire, je veux souligner le travail accompli par le nouveau comité directeur de la PWCA. Ils se sont démenés pour trouver des solutions aux problèmes successifs auxquels ils ont fait face. J’ai commencé la rédaction d’un long rapport pour leur apporter une contribution aussi positive que possible.

J’ai un début de plan en deux blocs: le premier parle des méthodes et outils que le comité pourrait employer. Car il n’est pas normal de distribuer un brouillon de règlement aussi révolutionnaire la veille de la première manche de la saison. Des méthodes et outils différents auraient permis une meilleure communication et une meilleure concertation.

Le deuxième rentre dans les détails techniques, détails dans lesquels je ne souhaite pas vous perdre. A mon avis cette semaine a permis de mettre en lumière deux questions essentielles:

  • Qu’est-ce qu’une bonne manche? – ou plus exactement: comment comparer 2 ou n manches?
  • Qu’est-ce qu’un bon pilote? – ou plus exactement: comment comparer 2 ou n pilotes?

Avec les réponses à ces questions, discutées et acceptées par tous, la rédaction d’un règlement s’en déduira sans douleur. Peut-être l’occasion de quelques nouveaux billets…

Chiffres

J’aurais aimé fêter ma 1000ème heure de vol pendant la compétition, les conditions ne l’ont pas permis. Ce sera pour bientôt! Passer de la 94ème à la 50ème place en 1 manche, puis à la 14ème en 2 manches a été riche en émotions. Cette épreuve ma fait connaître mon pire classement en Coupe du Monde en cours de compétition, et mon second meilleur résultat en Coupe du Monde à la fin de la compétition.

Après cette dense semaine, je vais adapter ma réponse aux proches qui me souhaitent « bonne chance! » lorsque je pars en compète: à la place de « ce n’est pas une question de chance », dire plutôt quelque chose du genre « merci je vais mettre toutes les chances de mon côté ».

Un grand merci à tous pour vos messages, à tous mes camarades de jeu avec qui nous avons passé de bons moments, à l’équipe ABAC qui est aussi forte qu’elle est soudée, que ce soient les pilotes avec Élisa et Jean-Marc (et Arnaud pour nous aider à scorer) ou les membres de l’association qui nous soutiennent!

6 réflexions au sujet de « Coupe du Monde Brésil 2009: conclusion »

  1. Mais de rien Maxime, de rien, c’est un vrai plaisir de soutenir cette brillante équipe (quoi qu’on puisse en douter sur certaines photos…;) ), Et c’est aussi un plaisir constant, et très instructif, de lire ton blog qui est d’une pertinence remarquable.

    A+

  2. les dentiers de la victoire c’est moyen bof mais bon………c’est chouette, on a deux blogs maintenant; merci de continuer le tien !……mais c’est vrai que coté communication, si on veut que des personnes s’interressent à l’activité, il ne faut pas mettre une usine à gaz dans le comptage des points, déjà impossible à comprendre quand on est impliqué

  3. Salut,
    Bravo pour ce résultat et pour avoir atteint tes objectifs….

    Une question, qu’est ce que t’apportes l’enregistrement de ton rythme cardiaque ? C’est purement informatif ou tu as aussi des objectifs par rapport à ca ?

  4. Salut FX,

    D’abord: je suis curieux et j’aime bien étudier les apports de la technologie (assez rudimentaire en l’occurence) ou de la technique. Pas vraiment d’objectif donc, mais une recherche d’idées qui peuvent faire la différence.

    Première idée: la dépense énergétique. Les besoins énergétiques minimaux chez l’adulte sont de 1200 kcal/jour, et en moyenne de 2500 kcal pour une activité moyenne vu mon poids, ma taille et mon âge. Avec seulement 2h30 de vol en conditions calmes ma dépense quotidienne se situe entre 4000 et 4500 kcal. Pour des compétitions d’une semaine, les conséquences de cette dépense si elle est mal compensée feront une grosse différence.

    Seconde idée: les biais attentionnels. Il m’arrive parfois de trop focaliser, de rentrer dans un tunnel de certitude avec rupture des prises d’informations et du processus de décision. Il est difficile pour moi de détecter que je rentre dans cette phase et je voulais savoir si mon pouls pouvait être un indicateur objectif, un message d’alerte en quelque sorte. Pas de conclusion à tirer encore.

    Troisième idée: la gestion du stress. La fréquence cardiaque est un symptôme du stress, qu’il soit physique ou psychologique. Je voulais connaître mon niveau de stress et comparer mon observation aux résultats d’autres études faites sur des vélivoles ou des libéristes, avec d’autres moyens de mesure. Ma réponse au stress est conforme à ces études, je vais donc pouvoir agir en conséquence pour l’utiliser positivement et le contrôler. Enfin, quelle que soit la situation en vol, haut ou bas, rapide ou lent, en retard ou en avance, mon niveau de stress est bas: je vis bien ces situations, dans le calme et la sérénité!

    En conclusion: voler est bon pour ma santé et mon esprit!

  5. Salut Maxime,
    Je suis content que tu réussisses à analyser si finement tes vols et que tu en retires le principal. Super la qualification aussi pour la finale en Italie. Je pense que l’on va se voir à Laragne pour la semaine de fin juillet. En attendant bons vols mon ami.
    Joseph.

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