Sécurité

Sur la fin le débat a dérivé sur les conditions de sécurité en vol, en prenant pour exemple ce que nous avons vécu lors de ce championnat de France. J'ai beaucoup apprécié les informations apportées par Dom notre DE ainsi que ses appréciations sur l'annulation ou le lancement des manches, même si à titre personnel j'ai regretté l'annulation et pas compris le maintien sur le coup.

Je n'ai pas pu m'empêcher d'intervenir mais cela m'a coûté beaucoup d'énergie car je n'ai pas eu l'impression de me faire comprendre. Il faut vraiment que j'arrive à me taire, et que chacun survive à un gros incident de vol, car seulement de cette manière la prise de conscience et la sécurité auront une chance de progresser. Car chacun adoptera une nouvelle philosophie.

Je suis pessimiste. Je trouve que le nombre de secours et d'accidents est singulièrement à la hausse dans les compétitions nationales après l'avoir été au niveau international, et que ces secours et accidents touchent des pilotes de tous niveaux, alors qu'à l'international l'hétérogénéité des niveaux semblait une cause primaire. Restent le dessin des manches, la psychologie des pilotes et l'exigence du matériel. Ou le changement climatique?

Annulations

Sur un plan plus pratique je suis maintenant persuadé que nous allons vers des compétitions avec moins de manches lancées et plus de manches arrêtées.

Première raison: vu que tous les pilotes peuvent dorénavant annoncer les niveaux de sécurité qu'annoncent-ils spontanément? Des niveaux 3. Donc les niveaux 1 et 2 ne servent pas à grand chose. Dans les deux cas le pilote ne les annoncera qu'en réponse à une sollicitation et continuera son vol, le DE ne prendra pas de décision particulière. Mais en entendant des niveaux 3 spontanés, il annulera plus facilement.

Seconde raison: il faudrait distinguer un niveau 3a -conditions localement dangereuses- d'un niveau 3b -conditions globalement dangereuses ou menaçant de le devenir. Voila qui serait réellement utile au DE, et accessoirement aux autres pilotes. Et comme il est très difficile d'annoncer un niveau 2 lorsque les petits copains sont allés se mettre dans du niveau 3 local, le DE annulera plus facilement.

Aparté: ce qui précède implique que ni le niveau 3a ni le niveau 3b, donc le niveau 3 actuel, n'ont pour conséquence obligatoire que le pilote qui les annonce aille se poser. Ce débat est sans fondement. Si les conditions sont localement pourries -3a- il peut aller voler ailleurs. Et si les conditions menacent de devenir dangereuses -3b-, elles ne le sont pas encore donc il peut continuer à voler.

Troisième raison: il est reconnu que nos voiles modernes ne permettent plus les manœuvres de descente rapide. La fuite verticale n'étant plus une option reste l'hypothétique fuite horizontale. Donc les DE devront en tenir compte, et annuler ou ne pas lancer plus fréquemment. Cette même question se posera pour le respect des plafonds de zones aériennes contrôlées.

Mon avis, tout personnel, est qu'une annulation ou un refus de décollage sont des bonnes décisions car elles vont dans le sens de la sécurité, sans compromis vis-à-vis de la sportivité. Et pour aller au bout question sportivité je suis aussi d'avis qu'il n'existe pas de bonne méthode pour scorer une manche stoppée.

Bref, pessimiste. Ca doit être passager... Des fois que demain ça vole, l'humeur sera plus gaie!