Enfin, vite fait, pas vraiment, je fais un peu la méduse comme hier, pas trop de copains pour m'accompagner, je pense à rester en l'air avant d'avancer, à rester en l'air pour avancer. A l'entrée du col je me retrouve avec deux deltas. On est pas mal, mais je n'arrive pas à me faire une idée sur toutes ces éoliennes qu'ils sont allés planter sur le relief après l'antenne en direction de Avila. Alors je valide mon dernier point de contournement en faisant demi-tour direction Barco.

Sur la dernière collinette avant Barco, je suis bien bas, j'ai déjà fait 85km. Je me trouve un petit thermique, qui décale, qui décale, en ouest, et m'emmène doucement mais surement dans la vallée qui passe derrière Piedrahita. Je me refais jusqu'à un peu plus de 2000m et du coup je fonce vers les grosses montagnes noires des Gredos en me disant que les 100 bornes doivent être au fond d'une combe.

Et là la magie opère. Je me refais doucement, de combe en combe, et je reviens doucement vers le col qui gouverne l'entrée de la vallée de Plasencia. Je passe au passage les 100 bornes et me pose la question de basculer derrière le col. Ca ne doit pas être très sain là-dedans. J'ai juste l'altitude qu'il faut, dans les 2100m, j'y vais. La première borne est éprouvante. D'abord l'essorage, ensuite le rinçage. Je trouve des monstres dans le genre qu'on a même pas envie de les enrouler. Ma trace me donne un 20m/s en instantané, ça ne doit pas être possible ça. Mais c'est dans l'esprit. Et ensuite nouveau miracle, une glissade bien huilée jusqu'au lac de Plasencia. La manche s'arrête à 19h30 alors que suis sur une ligne de folie. Dommage, il aurait fallu moins trainer en route. Mais qu'est-ce que c'était bon!

142km au compteur. 6h30 de vol. Un peu plus qu'hier, un peu moins que demain.