Besoins physiologiques

Disponible dans le rayon: dormir, manger, boire, pipi, popo... La pyramide serait-elle mise sur la pointe dès le premier niveau? Car combien de pilotes sont prêts à mal satisfaire ces besoins physiologiques pour assouvir leur envie de voler? Mais, mais, mais, peut-être auraient-ils tort? Et oui, s'hydrater, s'alimenter, avant pendant et après la manche, faire son pissou et brancher la durite, bref c'est le truc de base, celui qui se rate ici risque fort de ne pas monter bien haut.

Besoins de sécurité

Les besoins physiologiques satisfaits, nous passons au tiroir supérieur: tout ce qui concerne la sécurité, physique, psychologique, financière, sociale... Nous n'avons toujours pas décollé et nous parlons déjà de sécurité. C'est plutôt bien comme démarche, non? Et pas uniquement de sécurité passive ou active, EN966 et épaisseur de mousse-bag, non. Nous parlons aussi d'avoir évacué ses problèmes de boulot, de banquier, de médecin et j'en passe avant d'ouvrir le sac.

Autres exemples pour les hommes volants:

  • Cela peut vouloir dire se poser quand les conditions sont pourries, car notre survie est plus importante que notre envie de gagner, ou simplement de voler.
  • Par antinomie à la sécurité, la prise de risque serait possible et même nécessaire pour revenir à un besoin physiologique. Je crois que cela ne marche pas comme cela pour nous. Comme je vous le disais, parfois la théorie est un peu percée. A moins que vous ne nous trouviez la bonne illustration!

Besoins d'appartenance

Nouvelle étrangeté de la théorie, alors que je place le vol dans les 2 catégories supérieures, la question de la relation sociale vient immédiatement après le niveau de la sécurité. Et tant qu'homme, si ma sécurité est assurée, je vais alors me préoccuper de mon insertion sociale. Pourquoi pas, l'être humain est social par essence, parait-il. Nous allons donc souhaiter avoir des amis, des relations, nous rapprocher de ces drôles d'hommes volants, de cette caste des pilotes, faire partie d'un club, d'un groupe,

  • En y réfléchissant 2 secondes la compétition implique forcément un rapport aux autres. Et faire de la compétition apporte une satisfaction en soi, même pour celui qui ne cherche pas le podium, même pour celui qui ne cherche pas réellement à progresser. Il trouve son plaisir dans le groupe, le transport en commun, le petit déjeuner offert le matin et la bière collective après le posé. Mais il ne tardera tout de même pas à passer au niveau du dessus, j'en suis convaincu!
  • Corolaire évident: il ne faut pas sacrifier sa sécurité pour briller en public! Les waggas c'est bien quand on les fait pour son plaisir, et cela relève des niveaux supérieurs, on ne les fait pas pour épater ses petits camarades ou la blonde de passage.

Besoin de reconnaissance

Forts de l'intégration sociale qui nous est acquise, nous allons vouloir exister, pour notre estime personnelle comme au yeux des autres. Clairement nous sommes maintenant au bar autour d'un verre vers 18 heures, après un vol d'au moins 100km avec 3 points bas de fou et un thermique de malade qui nous a sauvé l'affaire alors que... Le pilote se la raconte et la raconte aussi aux autres. Il évacue, il verbalise certes, mais il cherche à combler son besoin de valorisation. Il se sent alors plus fort, mieux dans sa peau, mieux inséré dans son groupe.

  • Bien entendu la compétition permet d'obtenir ce genre de satisfaction encore plus nettement, car mesurée, chronométrie, et qui plus est avec encore plus de publicité. Nous y sommes!
  • A contrario la voie vers l'accomplissement ne passe pas par la critique ou l'exclusion du groupe, sinon on sabote l'étage du dessous et on dégringole de l'échafaudage.

Besoin de réalisation

Nous touchons au but! Il est toujours question d'exister, mais d'exister maintenant en tant qu'être humain. Tel le petit scarabée qui cherche sa voie (il y a longtemps que je ne l'avais pas sortie celle-là) nous devenons citoyen du monde, nous avons envie de nous réaliser, construire notre âme, nous souhaitons partager pour progresser dans notre voie personnelle et faire progresser les autres, nous touchons au spirituel. Comme qui dirait la performance ce n'est pas de se battre contre les autres, c'est de donner le meilleur de soi-même (promis je ne vous ressors pas toutes mes expressions fétiches).

  • Certains peuvent sacrifier la morale pour le résultat, croyant obtenir de la reconnaissance par la seule gagne, ou de la sécurité financière par du prize-money. Il leur suffit effectivement de redescendre d'une à trois marches et de renoncer à leur nirvana.
  • Sans aller jusqu'au mauvais karma, un pilote peut et doit parfois sacrifier la manière pour le résultat, renoncer au panache et au plaisir du vol solitaire pour l'efficacité: les bons pilotes sont mes amis, le groupe est le plus fort...

Voila pour la pyramide de Maslow. Je ne me suis pas trop impliqué dans cet exposé mais je me retrouve bien à tous les étages. Je sais assez clairement ce que je suis prêt à engager et ce à quoi je ne renoncerai pas. A vous de trouver sur quelle marche vous êtes assis, et interro écrite la semaine prochaine!