Se former

En attendant que le stage SIV soit obligatoire pour faire de la compétition, formons-nous! Je n'éprouve aucun plaisir à décrocher ma voile, j'y vais à reculons, mais tant pis si l'eau est froide il faut y aller. Au passage, rappelons que le décrochage ou le jeté de secours sont à 100% des décisions et des actions de pilote, aucun règlement ne vous viendra en aide en l'air avec votre voile cravatée.

S'informer

Pour faire de bons choix il faut s'informer. Il faut connaître ce qui est disponible sur le marché, ce que la technique permet, il faut comprendre les conséquences de ses choix. Ressortez vos vieilles revues et lisez bien les tests de sellettes en fonction de l'épaisseur des mousses. Renseignez-vous sur la température de fusion du Dyneema, ou sur sa tenue en longueur dans le temps. Retrouvez vos livres de physique sur l'énergie cinétique...

Connaître son matériel

Revenons sur la question du casque. Il y a bien longtemps qu'en moto je porte exclusivement des casques intégraux. En parapente je n'ai pas franchi le pas. J'aime toujours l'air qui me caresse le visage. J'aime sentir les changements de température, cela me sert dans mon pilotage. Et mon casque non homologué pour le vol libre? Il est chaud, bien que ses aérations me gardent la tête au frais, et il a le côté pratique d'une solution unique pour un usage mixte parapente, ski et speed-riding. Alors je me pose bien fort et bien souvent la question de changer! Pourtant en moto, il est toujours possible de s'équiper d'un casque ouvert. Au final à chacun sa liberté de choix.

Quant au choix de l'aile, vaste débat. En planeur il faut être "lâché" par l'instructeur avant d'avoir le droit d'utiliser une machine. Mais la situation est différente: le club gère un parc de machines, il doit concilier les propriétaires, le nombre de membres en rapport avec le nombre de machines, et le niveau des pilotes. Parfois nous essayons de glisser subtilement à untel que telle voile n'est peut-être pas pour lui, mais qui sommes-nous pour juger? Encore un sujet qui me met mal à l'aise...

Entretenir son matériel

Là c'est simple: reprenez le manuel de votre voile, au pire ouvrez tout bon manuel de parapente, et suivez les indications!

Dans ce paragraphe sur le rapport du pilote à son matériel, je souhaite aborder un point assez flou pour moi: la mise au point et la personnalisation des équipements. Quand on lit les règlements, les organisateurs distinguent entre voiles certifiées ou pas, de série ou pas, prototypes en plus ou moins de 10 exemplaires... mais au bout du compte nombreux sont les pilotes qui modifient leur matériel. J'en fais partie. Parfois pour corriger une longueur de suspente qui a bougé, parfois pour modifier un comportement, parfois pour améliorer un rendement, mais au final: toujours. Le matériel est-il conforme? Répond-il aux obligations édictées par les organisateurs? Faudrait-il des juges pour déterminer si une modification a un impact trop important sur la sécurité? Personne ne m'a donné la réponse. Difficile donc d'agir en "connaissance de cause", seule la prudence et la responsabilité individuelle est de mise.

Se préparer

Le parapente est un sport. Qui plus est en compétition. Le volet de la préparation physique générale et spécifique doit s'ancrer dans la tête des pilotes. Et j'ai également un avis tranché sur l'hygiène de vie qui va avec, sans parler de la consommation de produits incompatibles avec la capacité à analyser une situation, prendre les décisions qui s'imposent et mettre en œuvre les actions nécessaires.

Faire ses choix

Je vous ai épargné les banalités sur la nécessité pour les organisateurs de connaître leur site, d'obtenir des prévisions et des relevés météo, de définir des plans de secours et d'évacuation... Enfin, des banalités, le vocabulaire n'est pas bien choisi pour parler d'un niveau minimum de préparation et de compétence. J'ai déjà eu à tirer mon secours sur une manche qui nous obligeait à passer 4 fois sous le vent d'un relief, dès le premier passage. Le responsable du pôle espoir avait interdit à ses pilotes de décoller. Cherchez l'erreur! L'organisateur évidemment, mais je n'avais été bien malin non plus.

Chacun prend ses décisions et place le curseur de sa sécurité là où il le souhaite. A chacun de distinguer risque sportif et risque vital. Parfois le risque sportif mène au risque vital, alors il est temps de rendre la main. Chacun est libre de décoller ou de se poser. Chacun est libre d'annoncer un niveau 1, 2 ou 3. Les accidents rappellent à tous notre fragilité, d'autant plus que la compétition est un dépassement de soi-même, pas un combat contre les autres. Ce sont bien nos limites qui importent, pas celles des autres.

J'aurais bien aimé plus structurer cette longue réflexion, vos commentaires m'y aideront certainement.

Demain: synthèse.