L'attente au start

La question de la quantité de pilotes acceptés sur une compétition amène des problèmes essentiellement pour le start. On pourrait croire que la probabilité de collision augmente comme la factorielle du nombre de pilotes, mais ce n'est pas mon observation. Le facteur de risque augmente certes avec le nombre de pilotes, mais il augmente encore plus avec l'hétérogénéité du plateau de pilotes. A mon avis, l'intérêt de la réduction du nombre de pilotes sur une compétition réside principalement dans la création d'une grappe homogène. Si la grappe est réduite mais l'hétérogénéité toujours importante, cela restera dangereux. J'ai proposé il y a déjà plus de 2 ans un circuit de compétition type "grand prix" à base de "cut" minimal ou maximal. Il conviendrait à cet effet de se servir du WPRS plutôt que d'une seule bonne compétition 1 an auparavant comme en PWCA ou en France. Je reviendrai peut-être là-dessus un de ces quatre.

Pour résoudre les problèmes d'attente au start, il existe d'autres solutions. Les directions d'épreuve savent faire preuve d'imagination pour définir des manches qui présentent une large zone d'attente ou des options de placement pour éclater la grappe. En particulier l'utilisation de larges cylindres en entrée pour le start tend à se généraliser et c'est une bonne chose.

Dans le paragliding forum j'ai relevé une idée originale sur le découpage en 2, 3 ou 4 groupes des pilotes inscrits dans une compétition. Les premiers jours, les groupes font des courses différentes, donc la meute est divisée en autant de grappes pour 2 ou 3 manches par exemple. En deuxième partie de compétition les pilotes sont qualifiés dans des groupes de niveau en fonction de leur classement sur la première partie. A la fin le classement général reprend le classement de chacun des groupes mis bout à bout. L'idée est alléchante, mais je ne suis pas sûr que les pilotes des 2ème et 3ème groupe aient envie de participer au deuxième tour. Et pour qu'il y ait un deuxième tour, il faut également que cela vole, et cela est impossible à garantir

Le type de manche et le scoring

Mais il est possible d'aller plus loin, et pour cela il faut revoir la philosophie des compétitions et des compétiteurs de parapente. Aujourd'hui, 95% des organisateurs et des pilotes veulent des courses au but: plus de spectacle, déroulement plus facile à contrôler. Mais dans le vol à voile ou le delta, disciplines pas si éloignées de la nôtre, il n'existe que des temps mini et des clock start. Pour éviter qu'ils ne se transforment en course au but la fermeture de fenêtre peut être fixée de manière à rendre délicat le bouclage par manque de temps. Et les clocks starts doivent être suffisamment espacés, d'un minimum de 15 minutes, pour que les premiers pilotes ne servent pas trop de marqueurs aux suivants. Je trouve que ces manches valorisent d'autres qualités intéressantes pour un libériste "complet": la capacité à analyser la météorologie et la capacité à prendre des initiatives. Et pour récompenser ces capacités, l'utilisation des "leading bonus" et autres "early bird points" doit être généralisée à toutes les manches.

Toujours dans le paragliding forum j'ai lu diverses propositions sur les types de manches. Certains ont évoqué les courses aux pylônes, comme au début de l'aviation et maintenant à la Palma. Je n'ai pas participé à cette compétition. Objectivement elle semble un bon moyen d'attirer des spectateurs, mais tout le monde a vu les vieilles images des crashs dans ces courses au début du siècle dernier, et les nouveaux spectateurs risquent d'en voir de nouveau s'il s'agit de pousser le barreau à ras le caillou à basse altitude.

Le plané final

La solution cylindre puis ligne est une mesure pratique et efficace pour donner un joker aux pilotes qui prennent leur voile accélérée à bloc sur la tronche dans le plané final. Elle oblige à passer le cylindre à une certaine hauteur, donc d'avoir de la marge pour récupérer un incident de vol. Si cette marge n'est pas suffisante avec un rayon de 1km, passons à 2 ou 5km.

Les discards

Le principe est de dire: si les pilotes peuvent défausser une manche après X manches courues, ils vont moins prendre de risques. C'est typique de la fausse bonne idée. La discard est valable pour les manches au treuil afin de limiter l'aléa de cette mise en l'air. Mais pour le reste elle est très pousse au crime: avant la dernière manche je peux envoyer comme un sourd car j'ai droit à un joker, et encore plus sur la dernière manche quand tout le monde est bien fatigué car je dois améliorer mon score.

La journée de repos

Le principe d'une journée de repos après 3 ou 4 jours de compétition me parait très intéressante. La compétition est déjà validée, le classement représentatif, tout le monde peut respirer. Plutôt que de parler de nombre de jours de vol, il est aussi possible de parler d'heures de vol. Dans la même veine, une suggestion de Charles: attendre au moins 12 heures entre le retour au PC course du dernier pilote récupéré et l'ouverture de la fenêtre de décollage le lendemain.

La discard de repos

C'est une idée de Bettina: que chaque pilote puisse choisir un jour dans la semaine pour ne pas voler et prendre une discard. Sur un plan pratique, l'idée pourrait être mise en oeuvre comme au point précédent, dès lors que la compétition est validée. Dans le principe elle en est donc très proche, et sur le plan de la sportivité je préfère que tout le monde courre en même temps, et donc se repose en même temps. Mais merci Bettina pour la suggestion!

Je reviens sur ce thème de la fatigue dans le prochain billet.