André est-il mon ami?

Je prends le start en premier, idéalement placé en faisant mon meilleur plein à 1400m juste 3 minutes avant de m'aligner sur la balise située à 1.5km devant le relief. Ensuite c'est une branche de 20km vers le sud, en suivant l'arête. André me rejoint et me passe, je le suis à petite distance en cheminant un peu mieux. Malgré mon avantage d'altitude, André ne sait pas qu'il est mon ami. Il prend un cycle de dingue juste avant de quitter le relief pour claquer B2 qui est 3km devant en plaine. Bon, je fais deux trois 8 pour gagner un peu de gaz et attendre les cocos qui suivent. Cependant je vois qu'André ne fait que gagner de l'altitude en allant à la balise, j'y vais donc aussi. Une espèce de conflu doit s'organiser entre le SO venant du Cap et le NO légèrement présent depuis le début de manche.

Ca se passe donc pas trop mal. Nous faisons le retour par le relief vers B3 qui est 15km au N et 6 km devant le relief. André perd un peu de temps en remontant beaucoup au vent de la balise le long du relief. Je prends un bon cycle sur la crête au point le plus proche de la balise, et avant d'aller m'aventurer en plaine j'attends les 2 suivants: une U3 et une Airwave, mes nouveaux amis. L'U3 ne sait pas non plus qu'il est mon ami et ne quitte pas le relief, nous partons donc avec l'Airwave après mon meilleur plafond du jour à 1600m. Lui il aurait aimé être mon ami mais il n'avance pas et glisse vers le bas. Soit.

Je fais donc la B3 tout seul comme un grand, il ne reste plus qu'une branche de 16 km vers le but plein Sud à travers les champs de blé. A 10 km je suis à 12 de finesse au plafond mais, problème, le vent bascule de NNO à SO, je l'ai donc dans le nez, ce n'est plus la même chanson. J'attends donc une Magus qui me rejoint par-dessous, mon nouvel ami, et nous glissons ensemble vers le goal. Nous ne trouvons que des queues de cerises, j'enroule des zéro, je les décale, rien à faire, c'est la descente inexorable, le hors-cycle complet. Je termine donc ma manche en étant encore 2ème, mais à 4.8km de l'arrivée, qu'une dizaine de pilotes environ franchiront pendant que je finis de plier, profitant du cycle suivant, avec 30 minutes de retard sur André, bravo à lui.

Jean qui rit, Jean qui pleure

J'ai donc bien les boules, j'ai l'impression d'avoir fait ce qu'il fallait et je ne sais pas trop où creuser. Peut-être du deuxième barreau le long des parois pour rester avec André? Mais je ne me sens pas assez fort pour ça. Peut-être encore plus de patience pour attendre d'autres pilotes? Pas évident, bien qu'une bonne partie de nos suivants immédiats ait semble-t-il bouclé. Peut-être une meilleure technique pour me sortir ou pour survivre dans les trucs anémiques que j'ai tout de même trouvés? Possible, de toute façon mon pilotage n'est pas au top dans les thermiques tordus.

Seb a bouclé, tranquillement et sûrement, c'est bon pour son moral. Au bout d'un moment le long du caillou il a préféré arrêter de jouer avec l'accélo. Il doit rentrer dans les 10. Lucas également, bonne pioche. Et Jean-Marc vient de poser à 4km du but aurait dû faire un peu mieux que moi, mais son GPS ne lui valide pas de point dans le secteur de la première balise. Etrange, tout autant que son entrée en virage à gauche dans la grappe qui enroulait à droite avant le start... Stefan fait le goal et doit assurer sa première place au général que j'ai un peu pensé à lui piquer.