Niveau noir

2016 sera certainement ma dernière année en tant que Sportif de Haut Niveau. Maintenant que les budgets pour les sportifs s’épuisent, que les quotas s’évaporent, qu’il faut faire fumer la carte bleue pour assurer son suivi médical et qu’une « stratégie WPRS » doit être établie, je n’ai plus trop le profil du poste. L’ai-je jamais eu, grande question, rien de tout cela n’est bien grave. Et objectivement j’ai produit des résultats loin de l’excellence en participant à peu d’évènements ces derniers temps. J’ai pourtant bien repris goût à la compétition l’année dernière en variant ma pratique. Je vais poursuivre et même ouvrir encore un peu plus mon éventail d’actions dans notre sport.

En 2011 j’avais entamé une démarche en passant ma qualification d’entraineur niveau 2. Il paraît qu’elle va être donnée automatiquement maintenant, mais ce n’est pas mon sujet. A l’époque je l’avais obtenue dans l’idée d’aider les pilotes des équipes de ligue et pour contribuer à l’équipe à laquelle j’avais donné ma fidélité au sacrifice de la performance pendant quelques belles années. Je me suis lancé cet hiver dans une nouvelle initiative pour aller au bout de ma logique: passer un DE JEPS pour pouvoir exercer une activité rémunérée d’entraineur avec les prérogatives d’un formateur de cadres et de sportifs en milieu spécifique. Après que mon dossier fut accepté, j’ai suivi une première semaine à l’ENSA récemment et vais enchainer sur 2 ans diverses périodes de stages typés progression, cross et SIV ou simplement initiation pour me former à leur encadrement. J’aurai l’occasion de vous reparler de ces expériences nouvelles pour les partager ici.

Par exemple en juin nous encadrerons avec mes camarades de promotion notre premier stage cross de pilotes cobayes. Contactez-moi rapidement si vous avez des réalisations en vol de l’ordre de 40 à 50 km et souhaitez doubler ce potentiel, il reste quelques places. Ceci pendant que nos autres camarades de jeu participeront sans nous au Championnat de France. Cela aurait été mon 12ème de suite (je crois!) mais il parait que cette compétition n’est pas une priorité pour les SHN Français. Cherchez la cohérence avec le besoin d’une « stratégie WPRS ». Remarquez, il n’y a pas si longtemps, j’avais gagné 2 manches de coupe du monde, remporté une épreuve de coupe du monde, j’étais rentré dans les 10 premiers du WPRS pour m’entendre dire que « le WPRS n’est pas significatif, il est fonction de la météo, du calendrier et de la chance ». Il est vrai que ce jour-là j’ai aussi entendu beaucoup plus grave et blessant, mais ce n’est pas non plus le sujet du moment, alors autant regarder tout cela de manière détachée. Ce n’est qu’un loisir, ce n’est que du parapente. Famille, amis et estime de soi sont bien plus forts et importants.

La particularité du DE JEPS est de demander à ses candidats de démontrer une capacité à développer un projet en plus d’être de bons pédagogues de la discipline sportive sur l’intégralité des étapes de progression. J’ai commencé à élaborer un projet assez large qui me projette dans un futur à quelques années d’ici. Pour résumer: une académie d’enseignement et d’accompagnement des pilotes vers la performance. Mais il me fallait définir à la fois un projet qui rentre dans le cadre de ces études et qui soit une brique fondatrice de ma vision à plus long terme. La réponse m’est apparue comme la lumière du soir en sortant d’une longue journée enfermé dans une salle de classe, brillante et évidente: définir le niveau noir de la progression du pilote de parapente dans le passeport de vol libre de la FFVL.

Ce niveau existe dans de nombreuses autres disciplines sportives et pas dans la nôtre. Ce niveau requiert des définitions précises qui seront les bases d’une pédagogie et d’objectifs pour une école de la performance. Je suis en contact avec la FFVL pour envisager les contours et le contenu de ce niveau noir. Avec la FAI et le CIVL également pour faire le même travail sur une licence IPPI 6. Je vous solliciterai dans les mois qui viennent pour m’aider dans ce travail. D’ores et déjà, tout ce que vous avez comme propositions sur cette idée de niveau noir m’intéresse au plus haut point. Envoyez-moi vos réactions par mail, téléphone ou commentaires, je prends tout!

Plato un jour, Plato toujours!

Lundi soir dernier j’ai eu droit à une agréable surprise. En 2011 Et 2012 je suis intervenu en tant que coach pour suivre un groupe d’une vingtaine de chefs d’entreprise, PME et TPE, sous l’égide de la chambre de commerce Yvelines Val d’Oise dans son programme Plato. Et lundi nous avions convenu d’un repas convivial de retrouvailles pour la rentrée. Convivial il le fut, comme d’habitude. Mais il y avait une surprise, la nouvelle de ma victoire en Serbie s’était répandue, et très vite j’ai compris que l’objet réel de la réunion était une marque d’affection à mon égard qui m’a conduit à la place d’honneur autour de la table du dîner.

Lire la suite