Super Finale de la Coupe du Monde 2016 – Brésil: conclusion

Nous avons bénéficié d’une météo exceptionnelle et nous nous sommes bien gavés pendant ces deux semaines. Nous avons quitté GV sous la grisaille et les gouttes de pluie. Seule une des journées d’entrainement n’a pas été volable, ce qui nous a permis de nous acclimater. Même la journée de repos obligatoire aurait permis de lancer une autre manche de 100 km. La longueur moyenne des manches a été de 95 km, toutes ont été bouclées, aucune n’a été stoppée. Cette finale a été d’un très haut niveau et d’une grande sportivité. Elle a couronné un grand champion, forcément.

Super Finale de la Coupe du Monde 2016 - Brésil: conclusion

Bons ingrédients

Par chance mais aussi grâce à la préparation je n’ai connu ni souci physique ni souci gastrique. Nous avons évolué sur un terrain qui offre peu d’options de cheminement, sinon l’altitude de croisière. De plus nous avons volé avec des plafonds pas très élevés qui rendent difficile la sélection de vario et mettent l’accent sur la détection et l’exploitation des noyaux. Ainsi il était essentiel de combiner esprit d’initiative et instinct grégaire avec le bon dosage, à savoir un soupçon du premier pour une grosse louche du second.

Super Finale de la Coupe du Monde 2016 - Brésil: conclusion

Techniquement j’ai manqué de vitesse maximum mais je ne vais m’en prendre qu’à moi-même. J’avais contrôlé mon aile avant Saint-André. J’aurais dû le refaire avant de venir ici comme j’aurais aussi dû le faire pendant la journée de repos. Je n’ai pas osé modifier mes réglages pendant la course de peur d’un impact négatif. Et pour dire vrai, même un impact positif n’aurait eu qu’un effet mineur. Car mes résultats sont avant tout la conséquence de mes décisions. Et il y a eu beaucoup de décisions à prendre en 880 km et 40 heures de vol en course.

Erreurs tactiques

J’ai en tête ces trois ou quatre décisions sur 10 jours qui changent ma course et influent fortement sur mon résultat final: changer de rue, pensé être sauvé, faire un start isolé, aller claquer seul une balise au plus près. Ce sont quelques petites décisions qui ne me font pas regretter grand chose et me mettent à ma place: 36ème l’année dernière, 37ème cette année. J’aspirais à mieux, bien sûr, mais cela aurait pu être bien pire. Dernier qualifié de cette épreuve, sevré de compétitions depuis un an ou deux, je n’ai pas fait de la figuration, je me sens toujours à ma place.

Super Finale de la Coupe du Monde 2016 - Brésil: conclusion

Je les ai bien identifiées et je les ai corrigées ces erreurs. Je suis vraiment content de m’être amélioré. J’ai le sentiment d’avoir grandement progressé ces derniers temps sur les plans tactiques et mentaux, d’avoir franchi un cap en faisant des choses que je ne savais pas faire. Aussi bien par rapport à ma précédente compétition ici à GV, à la dernière coupe du monde à Saint-André, aux premières manches de cette compétition. Je ne sais pas quelle sera ma prochaine compétition mais j’ai vraiment cette envie de regrouper tous ces ingrédients dans le bon dosage pendant toute une compétition, une nouvelle fois. Voilà mon ambition: produire une compétition de haut niveau juste et sans erreur majeure tant que j’ai la technique et le physique qui vont bien.

Profiter de l’instant présent

Je suis allé à cette finale en me disant que ce serait peut-être la dernière, qu’il fallait que je profite de tous ses instants. Bien sûr, j’ai bien un peu râlé après deux ou trois points qui devraient être corrigés depuis longtemps, par exemple dans les récupérations ou le dessin des manches du comité de pilotes. La tension générée par la frustration ou la déception des uns, des autres ou de moi-même a bien existé. Cela n’a pas gâché mon plaisir.

J’ai pris le temps de discuter, d’aller à la rencontre de ces pilotes qui m’ont tant apporté, ne serait-ce que pour échanger trois mots. D’une manière générale, l’ambiance au sein de notre communauté m’a parue excellente. Et je m’en réjouis! Mon plus beau souvenir de vol sera peut-être une manche non bouclée mais dans laquelle j’ai survolé ces pains de sucre dont le panorama restera longtemps gravé dans ma mémoire.

Super Finale de la Coupe du Monde 2016 - Brésil: conclusion

Matos

Je suis sûr que vous attendez quelques mots sur le matériel. Alors les voici! En résumé j’ai été enchanté de mon choix de conserver mon Enzo 2 pour cette compétition. Elle était parfaitement compétitive et adaptée.

Je n’ai pas essayé les Zeno et Boomerang 11. Donc je ne peux que vous faire part d’observations et d’impressions extérieures. La Zeno possède un plané légèrement meilleur à fond mais flotte un peu moins bien. Etant une aile incroyablement gentille et cohérente, elle filtre la masse d’air un chouïa plus que ce qui est attendu d’une aile de course. En revanche la B11 transmet beaucoup d’informations, demandant une présence de tous les instants aux excellents pilotes qui ont bénéficié de ses très bonnes performances. Elle a proposé le package le mieux adapté à cette course et ce terrain. En thermique elles venaient fréquemment se placer en haut des grappes et sur le plané final leur vitesse maximale était souvent irrésistible.

J’ai revendu une bonne partie de mon matériel. Au dernier moment l’acheteur pour mon Enzo 2 s’est débiné mais je vais tout de même m’en séparer. Si vous êtes intéressés, faites-moi signe! Il est temps pour les Ozone boys de rentrer au bureau plancher sur une Zeno Lite et une Enzo 3. Et pour les Gin guys de fignoler leur Boom 11. Pour fin mars, début avril, en taille M s’il vous plait!

5 réflexions au sujet de « Super Finale de la Coupe du Monde 2016 – Brésil: conclusion »

  1. Merci pour ces commentaires qui nous permettent de « voler » un peu nous aussi au chaud, bravo pour ce bel optimisme et ce recul, bravo pour cet intelligence de vol et ce partage qui nous permet à tous de voler mieux, et certainement de prendre plus de plaisir.
    Vivement la prochaine compet !!
    hervé

  2. Merci Maxime pour tous ces compte-rendus toujours aussi intéressants.
    Et très content de voir que tu souhaites continuer les compétitions, et encore en mieux !

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